Développer l’impersonnalité (un geste de détachement)

L’impersonnalité (le caractère de ce qui est impersonnel). Une attitude qui favorise une meilleure adhésion à la justice, l’égalité, l’intégrité, la neutralité, l’équité, l’objectivité, l’impartialité et la droiture.

Y a-t-il quelque chose d’autre que j’aimerais dire à propos de l’impersonnalité. Nous devons nous efforcer de considérer avec une « divine indifférence » complète et soigneusement développée ce qui est dit ou suggéré par les gens qui nous entourent. Le terme « divine » est important, car c’est là que se trouve le secret de l’attitude nécessaire.

Il s’agit là d’une chose différente de l’indifférence consistant en un manque total d’intérêt, ou de l’indifférence qui est l’aboutissement psychologique d’une « façon d’échapper » à tout ce qui est déplaisant. Ce n’est pas non de l’indifférence qui accompagne souvent un sentiment de supériorité. C’est l’indifférence qui accepte tout ce qui est offert, qui utilise ce qui peut servir, qui apprend ce qui peut être appris, mais qui n’est pas entravée par les réactions de la personnalité.

C’est l’attitude normale de l’âme à l’égard du non-soi. C’est la négation de tout préjugé, de toute idée préconçue et étroite, de toute tradition, influence ou réflexe de la personnalité. C’est le processus de détachement qui place l’intériorité de l’être au premier plan de nos relations.  

Pascal St-Denis

L’art de vivre (2e partie)

Nous voulons en apprendre sur l’art de vivre, comme s’il y avait un mode d’emploi à la vie. Il ne faut pas imaginer ce rapport sous un principe d’obéissance. C’est pourquoi il est préférable de ne pas croire que la vie possède un mode d’emploi strict, et que, dans la mesure où l’homme ne connaît pas ou ne suit pas ce mode d’emploi avec respect et obéissance, il devient immanquablement malade, rebelle et condamné à être malheureux.

C’est une vérité, il y a des lois. Mais il faut connaître ces lois pour s’apercevoir qu’elles ne sont pas dirigistes, qu’elles ne réclament pas d’obéissance, mais qu’elles sont tout simplement harmonie et amour. Alors, à partir du moment où on les connaît, et où l’on s’aperçoit que leur nature est amour et harmonie, il ne s’agit plus pour l’homme d’être un esclave de la Vie. Il s’agit pour lui de découvrir le bonheur par l’harmonisation de son être.

Que faut-il donc à l’homme moderne pour découvrir l’harmonie ?

Il faut d’abord se connaître soi-même. Nous voulons avoir une vie équilibrée, alors regardons-nous dans un miroir. Nous ne pourrons aller nulle part, à moins que nous n’ayons fait un bilan de notre propre personnalité. Et là, ne prenons pas la parole de ce frère ancien, qui disait : connais ton âme et tu connaîtras l’univers. Il est question ici de notre personnalité.

Faisons le bilan de ce que nous savons de nous : nos défauts, nos qualités, nos capacités, nos incapacités. Il est important de faire ce point, parce que c’est à partir de ce point que nous aurons une base de référence pour guider notre évolution, afin d’arriver à l’harmonie.

Si c’est un orgueil démentiel qui nous empêche de découvrir l’harmonie, tant que nous n’aurons pas franchement et honnêtement diagnostiqué dans notre personnalité que c’est l’orgueil qui prime en nous, alors nous pourrons essayer de méditer mille ans, nous pourrons faire de bonnes œuvres pendant mille ans, nous dirons comme des millions de gens disent :
« J’ai fait tant de bonnes choses. J’ai rendu service à tel individu. J’ai fait du bien à tel autre. Je me suis sacrifié ; regarde seigneur, maintenant je suis malade, tu ne fais rien pour moi, que t’ai-je dont fait pour que tu m’accables ».

Il faut d’abord se prendre en main, et à la suite de cette prise de conscience, il faut nous modeler comme nous modèlerions une boule d’argile. Cela nous appartient, nous faisons ce que nous voulons de notre vie, personne ne vient nous diriger.

Pourquoi des lois existent-elles quand même ?
Ces lois existent, non pas, comme je l’ai dit au début, en tant qu’objets à suivre, principes à respecter, elles existent de la même manière que la musique a ses lois. Mais, n’empêche que n’importe qui peut taper sur des casseroles si, pour cette personne, ce bruit veut dire musique, c’est son appréciation. Pour celui qui veut jouer quelque chose de très beau, il va falloir qu’il apprenne à faire fonctionner certains principes, je dis bien à faire fonctionner, et non pas à obéir à certains principes. Je reviens au bilan à faire à propos de la personnalité.

Si vous voulez réellement changer, il faut en avoir le désir réel. Beaucoup de gens se plaignent : « Je ne suis pas bien, je suis malheureux, j’ai un problème, c’est la faute à un tel, à une telle, c’est la faute au monde, à la société, ce monde est vil, ce monde est sale, malsain, violent, et méchant ». À partir du moment où l’individu pense cela, il n’aura pas la force de s’impliquer dans l’effort nécessaire pour changer le monde. Ce qui fait changer le monde, c’est votre propre changement intérieur.

Qui a créé le monde ?
Vous-mêmes, vos pères, vos grands-pères, vos aïeux, etc., ils étaient semblables à vous, comme vous êtes semblables à eux. Il ne faut pas vous dire : « Que pourrais-je changer dans le monde, je n’y ai aucune implication, personne ne m’écoute. Si je pouvais créer un groupe, alors là, je pourrais, j’aurais la force »

Non. Du moment que vous êtes différents, même si vous restez inconnus tout le reste de votre vie, le monde aussi va alors devenir différent. Parce que vous êtes aujourd’hui différents, des gens viennent vers vous, et vous essaierez de les rendre différents. Dans votre vie, vous arriverez à en changer peut-être une dizaine, mais quelqu’un d’une autre région, comme vous, va faire le même travail, et va aussi en changer une dizaine. Un autre dans une autre région va pouvoir aussi en changer une dizaine, et ainsi sur le globe, si tout le monde se sent concerné, et se sent actif, dans l’action de changement du monde, alors une majorité de gens va pouvoir être touchée.

Il ne faut pas avoir peur, il ne faut pas se dire que je ne peux pas, ou qui suis-je pour pouvoir ? Je dirais même que le simple fait que vous vous changiez, sans que vous n’arriviez jamais à changer qui que ce soi, il y aura sur cette planète un endroit où une lumière spirituelle va pouvoir s’écouler. Et si vous ne pouvez servir en rien à changer visiblement les gens, vous pourrez du moins servir à l’émanation de certaines énergies,

Extrait de l’art de vivre « conscience universelle »

Apprendre l’art de vivre.

 Nous voulons en apprendre sur l’art de vivre, comme s’il y avait un mode d’emploi à la vie. Il ne faut pas imaginer ce rapport sous un principe d’obéissance. C’est pourquoi il est préférable de ne pas croire que la vie possède un mode d’emploi strict, et que, dans la mesure où l’homme ne connaît pas ou ne suit pas ce mode d’emploi avec respect et obéissance, il devient immanquablement malade, rebelle et condamné à être malheureux.

C’est une vérité, il y a des lois. Mais il faut connaître ces lois pour s’apercevoir qu’elles ne sont pas dirigistes, qu’elles ne réclament pas d’obéissance, mais qu’elles sont tout simplement harmonie et amour. Alors, à partir du moment où on les connaît, et où l’on s’aperçoit que leur nature est amour et harmonie, il ne s’agit plus pour l’homme d’être un esclave de la Vie. Il s’agit pour lui de découvrir le bonheur par l’harmonisation de son être.  

La quête de l’homme vers son héritage spirituel me fait penser à une masse de glaise placée devant les mains d’un sculpteur. La glaise, c’est l’ensemble des composantes qui constituent l’être humain sauf sa dimension spirituelle, que nous pouvons comparer aux mains du sculpteur. Il y a d’abord manipulation et réchauffement, les mains triturent et assouplissent la masse. Ensuite, le sculpteur entreprend de donner une base sur laquelle édifier la forme. Puis, il la corrige, la remodèle, la défait, la reconstruit pour finalement aboutir à la forme finale et harmonieuse, fidèle à l’œuvre d’où il a conçu son projet. Ainsi en est-il de la quête de l’aspirant.

L’âme (les mains) prend contact avec la personnalité : elle la réchauffe, la reconnaît, la façonne, lui donne une première forme qui doit se rapprocher de l’expression de son plan de vie. Elle règle des défauts, défait, refait, toujours à partir de l’image de l’âme, pour enfin aboutir à l’harmonie de l’expression dans le comportement.

Il ne nous est pas demandé de remplir des performances au niveau de la moralité humaine, aucune performance ne nous est demandée au niveau de notre comportement et de nos attitudes. Ces performances-là nous serons plus à même de les remplir lorsque l’harmonie sera en nous.
Comment demander à quelqu’un qui est triste et désespéré, d’être fraternel ? Il va au contraire devenir très égocentrique, parce que sa peine, sa douleur, va tellement lui faire perdre conscience de lui-même, va tellement centrer sa conscience sur son problème, qu’il va être complètement fermé aux autres. Donc, comme dit le proverbe : pour aider les autres, aidons-nous d’abord nous-mêmes. Il faut créer l’harmonie en soi pour être à même de la transporter chez les autres.

Pascal St-Denis

L’opinion publique/majorité silencieuse

Nous ne pouvons pas parler du rôle de l’opinion publique sans impliquer celui de la majorité silencieuse. Sans son implication, l’opinion publique basée sur de justes relations humaines ne peut exister. Comme mentionné dans l’article précédent, l’opinion publique n’a pas d’égal, mais elle est actuellement mal utilisée, car beaucoup trop fractionnée. 

Les gens qui croient au développement de justes relations et qui travaillent de manière isolée dans les divers domaines de l’activité humaine (politique, religieux, scientifique et économique) doivent prendre contact afin de réaliser qu’ils ne sont pas seuls à imaginer le développement d’un monde meilleur. Cette démarche servirait à faire sortir l’ordre du chaos en donnant un champ d’expression à ce qu’on appelle la majorité silencieuse. 

Aujourd’hui, dans chaque pays, les hommes de bonne volonté qui ont une saine vision du problème humain sont nombreux. Toutefois, un sentiment d’inefficacité les oppresse. Ils considèrent le travail à effectuer tellement énorme que leurs efforts isolés ne réussissent pas à démolir les barrières de haine et de séparation qui sévissent un peu partout. Ils n’ont aucune idée du nombre de personnes qui raisonnent comme eux. De ce fait, ils ressentent l’impuissance de leur isolement, de leur manque d’unité et de l’inertie qui les entoure. Par le poids des contraintes qu’ils ressentent, ils adhèrent à la majorité silencieuse.

Les personnalités puissantes et les démagogues ambitieux profitent aujourd’hui de cette inertie générale, du pessimisme face à l’avenir pour imposer des systèmes de gouvernement qui constituent des idéaux à atteindre. En général, les masses semblent accepter leurs propositions parce qu’elles représentent des solutions faciles. Leur manque de réflexion facilite par le fait même leur consentement. Une opinion publique bien structurée qui ne démissionne pas devant l’adversité peut réussir à modifier le comportement de nos gouvernements.

Admettant que les trois premières conditions (éducation, valeurs et opinion publique) prennent vie et force dans nos sociétés, apparaît la quatrième : la réponse de nos gouvernants. À suivre…

Note : partager si vous aimez, car il importe de stimuler une réflexion sur le sujet.

Pascal St-Denis 

Créer une opinion publique forte

La création d’une opinion publique forte et unie nécessite une structure éducative qui met l’accent sur les valeurs universelles qui place les justes relations humaines au premier plan de toutes revendications. De plus en plus de problèmes qui nous touchent concernent la communauté mondiale et exigent une prise en charge en ce sens. Les problèmes environnementaux, fiscaux, de pauvreté, des réfugiés, font état de ce besoin.  

Avec une approche planétaire sur ces problèmes plutôt que nationalistes, je ne crois pas que nos gouvernements, nos décideurs oseraient faire obstruction à une opinion publique forte et solidaire qui exigerait de travailler en ce sens.  

L’opinion publique n’a pas d’égal, mais elle est actuellement mal utilisée, car beaucoup trop fractionnée. En tant que citoyens, acceptons-nous trop aisément ce qu’on nous dit ? Les phrases bien ficelées du politicien entraîné et braqué sur ses desseins partisans. Les arguments du démagogue à la langue dorée exploitant des théories qui excitent les passions populaires, les mensonges de l’homme qui a une cause ou un intérêt personnel à faire valoir, tous sont facilement entendus et finissent par trouver leur lot d’adeptes.

La psychologie de masse et la réponse prévisible à ce qu’on nous dit sont exploitées depuis longtemps. Malheureusement, la plupart du temps, ces facteurs qui prennent le pouls d’une population qui sert l’intérêt des hommes qui n’ont pas à cœur le bien supérieur de l’humanité. Un peu d’organisation dans la direction et un programme sagement défini en vue de cet objectif peuvent apporter le changement nécessaire et permettre à une opinion publique saine et intelligente de devenir l’un des facteurs majeurs de la reconstruction mondiale et de justes relations humaines.

La véritable opinion publique telle que je l’entends doit traduire la conscience d’un peuple. Donc, plus un peuple évolue, plus il est en mesure d’adhérer à des valeurs universelles et de penser par lui-même, moins il devient fragile à la manipulation. Les influenceurs qui utilisent la scène publique profitent de nos points faibles autant qu’ils le peuvent pour nous convaincre de leurs points de vue. Ils se servent de nos peurs, nos peines, nos colères, nos angoisses, notre orgueil, nos affections, nos sympathies, nos antipathies, nos préjugés, nos valeurs, notre désir de sécurité, d’abondance et plus encore. Pour éviter d’être ballotés comme une feuille au vent, nous devons découvrir par nous-mêmes le point où nous cédons le plus facilement à ces points faibles.

Pascal St-Denis