Risque d’un effet néfaste sur la route de l’évolution de la conscience du « Je ».

Pour ne pas compliquer les choses, disons que l’évolution de la conscience connaît deux étapes bien distinctes. La première consiste à développer notre « Je » et à le préparer à intégrer progressivement la deuxième étape. Une étape qui consiste à mettre notre « Je » au service du « Nous » ce qui signifie que l’Homme a le devoir d’éduquer sa personnalité pour la transformer en un instrument efficace au service du Bien commun.
Il existe une certaine euphorie à développer l’identité et le pouvoir du « Je ». Du fait de sa nature, le « Je » est individualiste et indépendant. Il désire être autonome, libre et maître de lui-même. Il intègre ces aspects de façon tout à fait naturelle, mais il n’est pas rare de le voir développer ces traits de manière excessive ; ce qui retarde le passage à la deuxième étape. L’excès finit par laisser l’égoïsme et l’égocentrisme s’installer. Poussés encore plus loin, le nombrilisme et même le narcissisme finissent par écarter l’individu de la voie évolutive.

Lorsque le « je » qui développe son pouvoir personnel oublie, si je puis dire, d’intégrer la deuxième étape du développement de la conscience, deux caractéristiques s’installent sournoisement et deviennent des traits de caractère : exigences et intransigeances.

Au fil du temps, les exigences prennent plusieurs visages. Au début, on est exigeant envers soi-même ; ce qui n’est pas mauvais en soi : ce qui doit se faire et ce que l’on doit respecter pour d’obtenir les résultats voulus est une démonstration de volonté.
Cependant, elles risquent de devenir lourdes et antisociales lorsqu’elles se transportent sur l’autre. À ce moment, elles deviennent l’expression d’un besoin ou d’une attente qu’on exige d’une autre personne de manière explicite ou implicite.

À partir de là, tout risque de prendre l’allure de l’inflexibilité, de la rigueur, de la sévérité et quoi encore. L’intolérance est au rendez-vous et laisse peu de place à de sains échanges. Le « Je » deviens intransigeant, c’est-à-dire qu’il ne transige pas, n’accepte aucune accommodation, ne fais aucune concession.

Une personnalité, un « Je » qui exige des autres et qui devient intransigeant ne peut développer des relations qui répondent au besoin de servir le Bien commun. Lorsque ces deux aspects sont présents dans une relation, l’inclusion a tendance à disparaître au profit de l’exclusion, la compétition et la rivalité deviennent plus attrayantes que la coopération, que le chacun pour soi devient une solution logique au détriment du partage. Le monde meilleur se voit ainsi obligé d’attendre qu’il y ait évolution.

Pascal St-Denis

Vaincre la tendance à la séparation.

L’homme qui évolue développe de nombreuses forces qui font de lui un être inclusif, coopératif et disponible au partage. Cependant, sur le chemin de l’évolution humaine, il existe des paliers évolutifs (le développement de l’intellect, par exemple) où il est facile d’adopter des attitudes qui parasitent les forces déjà acquises. Cette faiblesse humaine ou dirons-nous cette attitude s’appelle la grande hérésie de la séparativité. A.A. Bailey parle abondamment de cette faiblesse humaine. Je vous livre une partie de sa réflexion sur le sujet. Une partie qui, à mon avis, mérité qu’on y réfléchisse à notre tour.

« Sûrement, nulle attitude n’est pire, car il elle responsable de beaucoup de maux humains. Elle excite un individu contre son frère. Elle lui fait considérer son propre intérêt égoïste comme d’une importance suprême, ce qui conduit trop souvent hélas, au crime et à la cruauté.

La séparativité constitue le plus grand obstacle au bonheur du monde car il oppose l’homme à l’homme, le groupe au groupe, une classe à une autre, nation contre nation. Elle engendre un sentiment néfaste de supériorité et conduit à cette doctrine pernicieuse des nations et des races supérieures ou inférieures; elle produit l’égoïsme économique et entraîne l’exploitation économique des êtres humains, les barrières douanières, la condition des riches et des déshérités, les ambitions territoriales, les extrêmes de la fortune ou de la misère.

Elle met fortement l’accent sur l’avidité matérielle, sur les frontières et sur la dangereuse doctrine de la souveraineté nationale, avec ses diverses implications égoïstes. Elle entretient la méfiance entre les peuples et la haine dans le monde entier et, depuis toujours, entraîne des guerres cruelles et fatales. Elle a conduit, aujourd’hui, la population de toute la planète à un si terrible état que, partout, des hommes commencent à comprendre qu’à moins d’un changement fondamental, l’humanité est déjà presque condamnée. Mais qui organisera le changement nécessaire et où est l’autorité qui le réalisera ?

L’humanité tout entière doit regarder en face cet état de choses, en reconnaissant qu’au fond, il exprime une faute universelle; ainsi, l’humanité peut effectuer le changement requis et une nouvelle occasion d’agir correctement lui est offerte, menant à de justes relations humaines. Tous les péchés contre son semblable, tous les crimes et les méchancetés, individuels, nationaux et internationaux, doivent leur origine à cette même tendance fondamentale, le péché de séparativité.

Inspiré des enseignements d’A.A. Bailey

Pascal St-Denis

Une multitude d’approches, une seule direction, un seul objectif.

J’aimerais insister sur un point concernant les personnes ou les groupes de personnes qui croient et travaillent au développement de justes relations humaines et d’un monde meilleur. La grande entrave que connaît la majorité des gens qui travaillent à ces objectifs concerne leur sens de séparativité et leur intolérance envers des groupes autres que le leur et aux méthodes différentes.

L’accent doit être mis sur l’unité de direction et d’objectifs et non sur l’approche pour y arriver pour éviter les nombreux conflits d’intérêts qui accompagnent le sens de la séparativité.

Si plusieurs chemins mènent à Rome, plusieurs approches et méthodes variées peuvent servir un même objectif. Si l’on veut que le travail avance comme il est souhaité en ces temps de tension et de besoin mondial, il est impératif que les divers groupes qui y travaillent commencent à reconnaître leur unité de but et de direction. Il faut que les leaders de ces groupes réalisent que c’est la peur d’autres leaders et le désir que leur groupe soit le plus important numériquement et le plus reconnu qui favorisent l’usage fréquent de certaines réflexions, comme : « c’est une discipline différente » ou « leur travail n’est pas le même que le nôtre ».

C’est une attitude qui empêche la vraie croissance de la vie et du développement d’un monde meilleur chez les nombreux groupes dévoués à cette cause.

Actuellement, la « grande hérésie de la séparativité » les corrompt. Les dirigeants et les membres parlent en termes de « notre » et « votre », de telle « discipline » ou telle autre, de telle méthode qui est bonne (généralement la leur) et de telle autre qui est peut-être correcte, mais probablement douteuse, sinon franchement mauvaise. Chacun considère son groupe comme étant spécifiquement voué à lui et à son mode d’instruction, et menace les membres de conséquences désastreuses s’ils coopèrent avec les membres d’autres groupes. Ils devraient au contraire reconnaître que tous les gens qui travaillent à construire de justes relations humaines font partie de la même impulsion spirituelle.

Il faut qu’un jour ces groupes qui ont tendance à s’isoler des autres proclament leur identité, et que les dirigeants, étudiants et secrétaires se rencontrent et apprennent à se connaître et à se comprendre. Cette reconnaissance et cette compréhension les amèneront, un jour, à essayer de joindre leurs efforts mutuels, à échanger des idées et à créer une opinion publique saine et influente.

Il faut briser la tentative actuelle d’entraver, le travail d’autres groupes. Arrêtons les comparaisons de méthode et de technique, Arrêrtons la critique et la diffamation, les mises en garde et le culte de la peur et de l’exclusivité. Ce sont ces attitudes et ces méthodes qui retardent la mise en place de résultats concrets. Les mystiques, les occultistes, les politiciens, les économistes, les religieux qui reconnaissent cette direction travaillent en- incluant-coopérant et partagent — les résultats acquis.

Pascal St-Denis

Le problème des idées

Les problèmes auxquels nous sommes appelés à faire face sont nombreux et attirent l’attention de plus en plus de monde. Chaque problème soulève son lot de débats. Mille et une idées en ressortent et des solutions sont envisagées. Cependant, on peut s’interroger sur la pertinence des solutions qu’on nous propose, car peu importe leur provenance elles placent l’intérêt d’une idéologie quelconque au détriment même de l’être humain.

Le grand problème de nos gouvernements réside dans la sage utilisation des idées. C’est ici que le pouvoir de la parole se fait sentir. En politique, les masses sont entraînées par leurs orateurs. Sans arrêt, l’oreille du public est harcelée par l’exposé de grandes idées issues de théories relatives aux dictatures, au communisme, au fascisme, au nationalisme et aux idéaux démocratiques. Ces idées, ces solutions sont présentées au public sans lui donner le temps de réfléchir ou de penser clairement. Les antipathies raciales, religieuses et autres sont monnaie courante et deviennent des conditionnels aux solutions proposées. Ce genre de solutions finit par répondre qu’aux attentes de certains groupes de fanatiques.

L’homme qui possède une langue dorée, l’homme qui a le don de jouer avec les mots, et qui peut dépeindre avec force les revendications des peuples. Il y a celui qui jongle avec les statistiques, le fanatique qui parle des maux sociaux et l’homme qui aime attiser les haines raciales, tous peuvent trouver des partisans. Et de tels hommes ont le champ libre pour détruire l’équilibre de la communauté et conduire un troupeau de partisans qui ne réfléchissent pas, au succès d’un pouvoir momentané et destructeur.

Aujourd’hui, nul ne peut ignorer son voisin et ne vivre que pour lui-même, Plusieurs problèmes ne trouvent pas de véritables solutions parce qu’ils ne sont pas l’affaire d’une seule nation, mais celle de la communauté internationale.

Je termine en soulevant quelques défis qui demandent une solidarité, une unité sans failles et des pouvoirs accrus de l’O.N.U. si nous voulons vraiment les résoudre. Il s’agit de problèmes mondiaux qui dépassent la bonne volonté d’une nation. L’environnement, le problème le plus important me direz-vous, constitue un exemple frappant qui demande une prise en charge de la communauté mondiale. (Gouvernement mondial)

Le bon vouloir de quelques nations ne suffira jamais à freiner les changements climatiques qui s’opèrent actuellement. Je ne crois pas me tromper en affirmant que seuls un esprit de solidarité, une unité sans failles, et la mise en place d’une instance internationale qui possèdent des pouvoirs d’exécutions peuvent changer le résultat. Je suis également persuadé que les problèmes qui touchent l’immigration, les droits de la personne, la gérance du nucléaire, les abris fiscaux, la pauvreté, la déforestation de l’Amazonie, demandent le même genre de prise en charge que l’environnement. Que le débat commence, que les idées fusent, que l’être humain demeure au cœur de nos recherches de solutions.

Pascal St-Denis

Parlons passion!

La passion vient d’un désir intérieur envahissant et persistant qui est en constant besoin d’assouvissement. Ce qui distingue cette inclination très développée et exaltée, c’est sa tendance à devenir exclusive, en ce sens qu’elle annihile toutes les autres. Avec le temps, la passion grandissante devient un penchant privilégié pour quelqu’un ou pour quelque chose qui s’impose et qui devient le centre d’attraction de toute la vie psychologique. Cela est à peu près semblable, dans l’ordre des sentiments, à l’idée fixe dans la vie intellectuelle de l’individu. Ainsi, tous les penchants, pourvu qu’ils se développent suffisamment, peuvent donner naissance à une passion au détriment des autres et devenir un ressort d’activité puissant qui échappe au contrôle même de l’individu.

Mais, comment une quelconque inclination devient-elle une passion? En d’autres termes, comment un désir, légitime ou non, au lieu de demeurer « normal », peut-il s’amplifier, s’exalter et devenir tout-puissant? Généralement, les causes psychologiques sont les plus profondes. On peut trouver déjà le germe d’une passion dans le plaisir ou dans la douleur qui accompagne certains actes. C’est de là que grandit le désir; celui de revivre une expérience agréable ou d’éviter ce qui ne produit que révolte ou répulsion. À cette recherche de plaisir se superpose toute une construction imaginative que l’on peut appeler une cristallisation, c’est-à-dire une conceptualisation de l’esprit qui se sert de tout ce qui se présente pour idéaliser l’objet de la passion. Ainsi, la passion agit tel un aimant. Elle découvre et attire à elle tout ce qui peut l’entretenir. Puis, un jour, ce qu’on arrive à aimer ou à haïr passionnément, n’est plus l’être ou l’objet réel de la passion, mais l’image idéalisée qu’on a construite autour d’elle.

La vie même de la passion consiste dans cette création poursuivie sans relâche. Elle commence à mourir lorsque la création cesse, quand l’imagination n’a plus la force de réaliser l’image idéale qu’elle a substituée à l’être matériel qui servait d’excitant. C’est pourquoi la passion, quels que soient ses effets bons ou néfastes, se traduit toujours par une rupture d’équilibre. On l’a souvent comparé à un véritable délire ou même à la folie. La passion peut être vue comme une perte de maîtrise de soi dont il faut surveiller l’éclosion, un peu comme celle d’un rhume qu’on néglige et qui dégénère en pneumonie.

Lorsque l’être humain parvient à calmer l’ardeur de ses désirs, une certaine quiétude s’installe. Le désir prend sa juste place. La vie n’est plus basée sur le « désir être », mais plutôt sur un « état d’être ». Il est, et en mettant ses acquis en place, « il devient ». Il recherche l’équilibre entre les pôles, il n’est ni euphorique ni dépressif, il en arrive à ressentir de la quiétude. Ce qu’il démontre reflète davantage la certitude de ce qu’il est plutôt qu’une projection désordonnée d’un désir à satisfaire. Retenez ceci : en raison de sa nature, la quiétude astrale puise sa force dans l’équilibre. Sachez que la quiétude astrale est imperméable aux sollicitations issues de peurs, d’angoisses et autres manifestations rattachées aux champs de conscience inférieurs. C’est pourquoi le calme ou quiétude du corps astral prend l’allure d’une absence de passion qui se veut peu attrayante à nos yeux en raison de l’image terne qu’elle crée dans notre esprit.

Pascal St-Denis