L’évolution de l’amour, une dynamique en deux temps. (article 2)

Le but recherché du premier article fut de reconnaître que l’amour est un processus en cours d’évolution et que, bien que nous ayons un bon bout de chemin de fait, il reste encore beaucoup à accomplir. Cela permet de comprendre que le fait d’être en processus d’intégration suppose que nous sommes soumis à l’expérience des paires d’opposés, (voir article 1) et ce, tant et aussi longtemps que nous ne serons pas au diapason de l’âme.

De plus, j’ai mentionné qu’il existait deux grands volets d’expérimentations ; le premier lié au caractère de la personnalité alors que le second résulte d’un lien de plus en plus intime avec l’âme. Chacun de ces volets possède une dynamique qui lui est propre et qui détermine, en quelque sorte, le genre d’expérience qui s’ensuit. La dynamique de l’âme diffère de celle de la personnalité en ce sens qu’elle s’alimente à partir du plan mental supérieur alors que la personnalité puise cette énergie du plan astral, le plan du désir dominant et le mental inférieur, plan de la pensée concrète. Voici ces deux dynamiques :

Commençons par explorer le premier volet. Il est celui qui définit pratiquement toute notre expérience de vie. Le dictionnaire définit l’amour comme étant un sentiment d’affection, de désir et d’attachement que l’on ressent envers une personne ou une chose. C’est la plus simpliste des définitions que l’on puisse donner, mais elle décrit bien notre approche de l’amour.

Dans cette dynamique, l’amour prend racine dans le désir. Plus la puissance de ce qui est désiré est forte, plus la personne cherchera à se l’approprier. Ayant attiré à lui l’objet désiré, il en soutirera le plus de satisfactions possibles ; sous formes de bonheur ou de satisfactions diverses.

En ce qui le processus (désirer-posséder et consommer), tout repose sur la consommation. Ce qu’une personne cherche à consommer avant tout, c’est du bonheur ; sous toutes ses formes, pourvu qu’il remplisse son rôle de satisfaire la personnalité.

Le bonheur est lié aux conditions environnantes et de ce fait, son existence ou son absence en dépend. Pour cette raison, nous n’avons pas de véritable contrôle sur lui. Nous pourrions le comparer à la température ; le beau temps est présent et occupe toute la place (bonheur) puis viennent les nuages et les perturbations (malheur). De belles et bonnes choses nous apportent du bonheur, mais d’autres viennent continuellement obscurcir les moments heureux.

 Le bonheur est une réaction émotive ressentie par la personnalité lorsque l’un ou l’autre des aspects de sa nature inférieure éprouve de la satisfaction et du bien-être. Par exemple, le bonheur peut être un sentiment de bien-être physique, un sentiment de bien maîtriser son milieu ou encore la satisfaction qu’apportent des contacts ou des occasions favorables. Il va et vient au gré des situations et des événements qui nous interpellent et auxquels nous accordons de l’importance. Il est instable, car il nous est impossible d’établir un contrôle sur les situations qui en sont la source.

 La recherche du bonheur à tout prix cache souvent une attitude sournoise et manipulatrice. Par exemple, qui peut se vanter de n’avoir jamais influencé ou même exiger de  son entourage d’adopter une attitude susceptible de répondre à ce qui nous rend heureux. Il est facile de formuler subtilement nos attentes en espérant que les gens qui nous entourent s’y conforment. « Ça me rendrait tellement heureux si tu faisais telle ou telle chose ». Qui n’a jamais entendu ou dit cette phrase ?

 De plus, il faut également souligner que les événements susceptibles de rendre une personne heureuse sont souvent de natures contradictoires. Par exemple, la faillite d’un compétiteur redoutable peut produire du bonheur au même titre que le succès obtenu par celle qu’elle estime. La solitude peut être une source de bonheur lorsqu’un besoin de ressourcement se fait sentir et devenir une source de tristesse ou de contrariété lorsqu’elle crée un vide relationnel. Ces exemples démontrent que le bonheur est lié aux besoins de la personnalité et à l’interprétation que nous faisons des événements.

L’amour. Tout le monde en parle. Tout le monde souhaite le vivre. Nous sommes d’accord pour dire qu’un monde sans amour est un monde où personne ne désire vraiment vivre. Pourtant, beaucoup de relations amoureuses connaissent l’échec. Certaines s’éteignent lentement dans le temps, d’autres résultent de crises existentielles de la part de l’un ou l’autre des partenaires, certaines dégénèrent en violence et en drames.

La dynamique (désirer posséder et consommer) de l’amour étant intimement liée à la recherche de bonheur, à ce stade évolutif, le résultat de l’expérience demeure assujetti aux humeurs de notre environnement qui répond fortement à la loi d’attraction et de répulsion. L’émotion qui consiste à aimer ou ne pas aimer n’est rien d’autre que la réalisation, par l’entité consciente, qu’une forme atomique est entrée dans le rayon de son influence magnétique, et qu’elle doit, par la loi même de son être, l’attirer ou la repousser. Parce qu’il est souvent difficile et astreignant  de renouveler le désir, il arrive que l’objet de notre amour devienne peu à peu une source de répulsion.

 

Pascal St-Denis

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L’amour et ses alliés

Précédemment, l’accent a été mis sur l’épuration de la personnalité dans le but de permettre à l’amour spirituel de s’installer au cœur de notre expérience. Les grandes qualités demeurent l’outil par excellence pour y arriver, car elles soutiennent largement le processus d’épuration et le développement d’un amour plus inclusif.

L’ÉQUILIBRE. Il doit y avoir manifestation pour que l’amour développe sa puissance. Sans cet apport, l’âme est contrainte à l’impuissance. Il procure une réponse dynamique à la vibration de l’amour. Il permet une réception équilibrée de l’énergie et assure ainsi l’harmonie des composantes physique astrale et mentale. Il dégage la personnalité des soucis, conséquence de désordres corporels ou autre. Il est garant d’une action juste, bénéfique, et évolutive.

L’ABSENCE DE PASSION. La passion naît du désir et représente l’amour à son niveau le plus bas. Cultiver l’absence de passion qui permet à la quiétude émotionnelle de s’installer. Cette dernière nous aide à n’enregistrer que les vibrations de l’âme. Elle favorise le développement d’une sensibilité d’ordre supérieure. Elle soutient l’ouverture aimante vers les autres. Elle ouvre la voie à l’intuition.

LE DISCERNEMENT. Plus cette qualité est présente, plus la capacité de percevoir la juste vibration des situations est possible. Elle permet de faire les choix qui correspondent à notre besoin évolutif. Elle soutient la destruction des mirages et des illusions qui cachent la réalité d’un amour plus vaste et plus inclusif.

LE DÉTACHEMENT. Céder ce qui est moindre lorsque plus vaste est perçu. Cette qualité nous libère de la domination des énergies inférieures. Elle nous libère des attaches qui nous empêchent d’avancer.

L’AMOUR. L’équilibre, l’absence de passion, le discernement et le détachement permettent à l’amour véritable de prendre place dans notre conscience. Pour passer de l’amour humain à spirituel, il faut qu’il y ait épuration du « JE ». Ces 4 qualités soutiennent ce travail essentiel au développement d’un amour plus inclusif.

Pascal St-Denis

L’amour et son besoin d’épuration.

L’amour, la dernière des grandes qualités soumise à votre attention. Non pas qu’elle soit la moins importante, au contraire, car elle constitue le début et la fin de tout être humain. De vie en vie, nous expérimentons l’amour sous l’influence des conditions du plan astral. C’est sur ce plan que l’expérience des paires d’opposés prend tout son sens. Attraction et répulsion, amour et haine, élan et repli sur soi sont quelques-unes des paires d’opposés sur lesquelles nous construisons l’amour humain avec son lot de nuances et de déformations.

Par contre, il est possible, pour celui qui ose, de répondre à l’amour spirituel. Tout est une question d’épuration du « JE » qui doit céder sa place au « NOUS ». Idéalement, l’amour est la fusion avec l’âme. Cependant, avant d’y arriver cela suppose une démarche tellement imprévisible qu’une recherche de causes à effets est inévitable.

 L’amour est transformé par nos activités physiques, émotives, mentales et spirituelles. Si l’amour était, à la base, épuré, il serait ainsi en tout. Toutes les activités humaines sont mues par l’amour ou son absence. Il est le moteur de l’évolution au même titre que le détachement est le moteur de la libération.

Ainsi, lorsque l’être humain entreprend le long travail de reconstruction de l’amour, il détruit les déformations et unifie la vibration dispersée en de multiples expressions. Il retrouve le chemin de l’âme si je puis dire et, avec le soutien des autres qualités, il reconstruit son unité. Ainsi, l’amour fait appel à l’équilibre autant qu’à l’absence de passion, au discernement et au détachement pour ouvrir les champs de conscience (chakras) et exprimer la plénitude du champ humain. Cependant, cette tâche est semée d’embûches, de résistances et de changements difficiles qui englobent toute notre démarche.

L’expérience du partage est une occasion unique d’éliminer les exigences et les intransigeances du « JE » qui nous empêchent d’accéder aux plus hautes vibrations de l’amour. Toutes les formes de partage nous offrent l’occasion d’engranger une dose d’altruisme au détriment de l’égoïsme. L’expérience du partage est la forme la plus appropriée pour celui qui désire épurer son « JE ». Les personnes en couple qui adhèrent à cette vision se soutiennent l’une et l’autre dans la tâche exigeante du travail sur soi. Ceux qui n’y voient aucune opportunité se contentent de gérer les tensions en attente d’un inévitable échec relationnelle.

La majorité du temps, l’occasion d’épurer le « JE » commence lorsqu’une personne entreprend une démarche intérieure. C’est une période propice aux questionnements, aux remises en question et aux prises de décisions qui donnent un nouveau sens à la vie. Nous pourrions comparer l’épuration du « JE » à un sablier dans lequel il y aurait des petits cailloux dispersés dans le sable. Lorsque ces derniers se présentent dans l’orifice qui permet au sable de suivre son chemin, tout s’arrête. Pour parer à son bon fonctionnement et s’assurer qu’il joue le rôle pour lequel il existe, il faut éliminer tous les cailloux. Il en est de même pour la personnalité. Pour qu’elle puisse jouer son rôle de véhicule de l’âme et accéder à un amour plus vaste et plus inclusif, elle doit libérer le passage qui lui conduit. Les exigences et les intransigeances si chères à la personnalité sont les petits cailloux qui imposent de multiples conditions à l’amour. Elles empêchent beaucoup de personnes de passer d’un amour qui fait souffrir à celui qui libère.

À suivre demain. Nous regarderons comment les grandes qualités peuvent soutenir l’épuration de notre « JE ».

Pascal St-Denis

 

 

L’amour et l’expérience des paires d’opposés ; la manifestation par rapport au repli sur soi

Je commencerai par déterminer la base de comparaison. Ces deux opposés ont pour tremplin le dynamisme ou son absence : l’agir, je dirais. Dans l’énergie de l’amour, la manifestation englobe tout le comportement humain, à tous les niveaux, de l’atome physique à l’expression globale et appliquée. Elle évolue en fonction de l’énergie acceptée et fluctue selon les influences qui s’exercent sur l’individu. Si on s’attarde au mot manifestation, on constate qu’il est puissant en lui-même, qu’il transporte une résonance énergétique profonde et exigeante. Souvent, l’humain en a peur, inconsciemment, et refuse toute l’amplitude de cette expression (c’est le repli sur soi, mais j’y reviendrai).

La manifestation évolue par palier d’assimilation, de croissance et de conscience. On ne peut demander à un individu polarisé au champ plexus ou sacré de manifester l’amour détaché, cela va de soi. C’est pourquoi la manifestation est tellement rattachée aux expériences de vie, aux découvertes progressives souvent reliées à celles qui sont douloureuses.

Imaginez un individu qui vit l’amour humain dans sa forme la plus dense, la plus physique et qui se trouve confronté à un dépassement, à une expérience qui demande l’oubli de soi dans sa plus simple expression. Cette seule expérience fait appel à toutes ses valeurs, à toutes ses peurs, à toutes ses forces spirituelles et autres et la manifestation est colorée de toutes ses composantes. D’où la difficulté d’identifier les causes, les gestes posés, les décisions et les reculs qui forment une démarche complète.

Si vous connaissez des difficultés, cela est évolutif. L’application plus ou moins habile est toujours préférable au refus : au repli sur soi.

Le repli sur soi est identifié par le mot « NON » : Non à soi-même, non aux autres, non à l’univers, non à l’énergie. Il correspond, physiquement, à une maladie. Voyez l’individu qui dit non à une expérience difficile, à une confrontation, à une acceptation, il se replie jusqu’à la maladie mentale. Une douleur coupe les ponts si elle n’est pas vécue et acceptée. L’énergie se trouve divisée et figée et cela engendre des malaises, des malformations, des déséquilibres moraux et spirituels. Le repli est le non le plus douloureux de l’évolution. Il est l’obstruction, la stagnation à l’amour de soi et à l’amour universel. Il est source d’une congestion de la conscience qui biaise toutes les expériences et en fausse la perception et la solution. Il est aussi la cause de nombreuses calamités sociales ; l’égoïsme qui s’y rattache en donne souvent une allure acceptable sous prétexte que se retirer pour penser à soi donne bonne conscience.

Le repli peut prendre tellement de formes d’expression, mais la plus dommageable restera toujours le repli du cœur qui donne à l’expérience humaine une limite à tous les plans ; limite spirituelle, l’âme ne rejoint plus le cœur, limite morale, l’échelle des valeurs reste figée dans ses peurs limites de la personnalité qui se forge un schéma de perceptions en fonction de son refus et limite physique qui choisit mal le mode d’action physique qui devrait servir de soutien palpable aux autres champs d’action. Dans l’amour, le repli sur soi sollicite beaucoup et n’agit pas. Il est passif, stérile et agressif.

C’est pourquoi, indépendamment de toutes les contingences humaines qui souvent bloquent l’élan évolutif, il faut manifester ce que vous possédez pour ouvrir la voie et la voix du cœur. Il faut affirmer l’intuition, il faut agir.

 Pascal St-Denis

 

Vie de couple. Une croisée des chemins.

Voici le cas de deux personnes qui ont partagé avec moi des moments difficiles de leur vie. Leur situation se ressemblait en plusieurs points, mais comme vous pourrez le constater, la prise en charge n’a rien de comparable. De plus, le fait que ces rencontres ont eu lieu dans la même période, il fut facile de comparer les deux cas. Ces cas sont réels c’est pourquoi j’emploie des noms fictifs pour identifier mes personnages. D’abord, signifions que les deux ont vécu une séparation douloureuse. Les deux ont sensiblement le même âge ; Josée 35 ans, Ginette 37 ans.

Vouloir comprendre les circonstances extérieures qui causent notre malheur ne conduit nulle part si l’on n’a pas réellement le désir de se comprendre intérieurement.

Je vais commencer par mettre en perspective le cas de Josée. Premièrement, disons qu’elle avait des questions bien précises en tête. Séparée de son mari depuis 7 mois, elle souligne que la rupture était son choix, mais cela n’a en rien éliminé une profonde tristesse. Elle pleure souvent et les angoisses sont plus présentes que jamais.

Lorsque je l’ai questionné sur ce qui l’avait incitée à cette rupture, elle s’est mise à énumérer les défauts ou plutôt les traits de personnalité de son mari qu’elle ne pouvait plus supporter. Selon ses propos, il était trop tranquille alors qu’elle se sentait prête à exploser. Il n’avait pas de défi, alors qu’elle, voulait sortir de la normalité du quotidien. Je vous dispense de la multitude d’autres comparaisons qui dans un contexte global signifiaient qu’elle se sentait bloquée par cet homme, sans trop savoir pourquoi d’ailleurs.

Lorsque j’ai tenté de faire abstraction du conjoint pour établir un lien avec son monde intérieur, elle s’est empressée d’enchaîner une foule d’autres événements anodins pour discréditer son mari et justifier son choix. Lorsque j’ai essayé de lui faire préciser sa recherche, à savoir ce qu’elle voulait comprendre ou régler, elle était perplexe, elle désirait seulement cesser de ressentir de la peine. Elle avait peur que cette angoisse et cette peine ne se terminent jamais.

Malgré plusieurs tentatives pour la ramener à réfléchir sur elle et à identifier la cause interne de sa réaction émotive, elle persista à revenir sur son passé, aux choix qu’elle regrette amèrement d’ailleurs puisqu’elle se voit dans un cul-de-sac. J’ai dit « jouons le jeu, on efface tout et on recommence », afin de connaître ce qu’elle aurait aimé faire de sa vie.

Voir cette femme défendant avec tant de force le principe de la femme au foyer, dont la présence est une question de vie et de mort pour ses enfants, mais qui en même temps rêvait de faire carrière et exploiter ses talents démontrait l’ampleur de son ambiguïté.

Énergétiquement, j’ai perçu un immense tiraillement au niveau du « chakra du cœur » qui laissait supposer que cette femme a obéi à une valeur qu’on lui avait inculquée et qu’elle avait aisément accepté. Le « cœur » laissait l’impression que cette personne possédait un grand potentiel non utilisé. C’est à ce niveau que la culpabilité s’est sournoisement construite. La voix intérieure parlait depuis longtemps, mais elle refusait de l’entendre. Elle choisit de mettre en place cette valeur familiale si chère à ses yeux.

À 35 ans (âge charnière qui accentue les prises de conscience intérieure), cette voix augmenta la tonalité et la dualité interne commença. Au lieu de prendre en charge cette dernière, elle se mit à détester son contexte de vie et à accuser son entourage de son mal de vivre. Plusieurs années sont passées et aujourd’hui, elle refuse toujours de faire face à cette réalité. Elle joue à la victime, elle se trouve des oreilles discrètes pour écouter sa désolation. Même si elle a connu quelques hommes qui correspondaient à ses « nouveaux critères », elle n’a pas encore trouvé le moyen de s’éclater dans la vie comme elle le disait si bien. Elle éclate en sanglots, elle éclate de ressentiment et c’est la seule chose qui lui arrivera tant et aussi longtemps qu’elle refusera cette prise de conscience intérieure et sa prise en charge.

Lorsque l’on se connaît mieux intérieurement, les situations extérieures se comprennent d’elles-mêmes.

Voyons maintenant le cas de Ginette. Pour éviter les répétitions, je vais simplement signifier qu’elle a vécu sensiblement dans une ambiance similaire, lorsqu’on la regarde du point de vue de la synthèse, de l’ensemble. C’était deux genres de vie très différente, mais dans les deux cas, tout s’orientait vers une cause interne similaire ; un « centre cœur » qui ne demandait qu’à être exploité et expérimenté à travers une réalisation personnelle.

À la suite de nos discussions, Ginette a fini par accepter ce senti intérieur qui la tenaillait depuis si longtemps. Elle a vite appris à se concentrer sur lui, à l’éclairer plutôt que de le refouler, d’y faire référence plutôt que de le renier. Après quelques mois, les événements et les contextes extérieurs avaient perdu de leur puissance. Cela lui laissa suffisamment d’espace dans sa conscience pour permettre à ce besoin interne de prendre forme dans son esprit, de devenir une idée, puis un projet et à la fin, une réalisation personnelle.

Aujourd’hui, elle rit de ce qu’elle nomme « sa période d’enfantillage ou d’enfant gâté ». Après avoir guéri certaines blessures, le couple s’est reformé. Elle reconnaît aujourd’hui que son mari n’avait rien à faire dans ses malaises et elle reconnaît également que si elle n’avait pas pris en charge son état intérieur, elle serait encore malheureuse, avec ou sans lui. Elle avait peur d’être obligée de tout détruire si elle écoutait sa voix intérieure. Pourtant, son monde n’a pas tellement basculé, elle s’est simplement permis d’y mettre sa juste contribution. Par contre, celui de Josée est toujours sens dessus dessous. Elle est victime, elle crie à l’injustice et rien ni personne ne semble pouvoir lui apporter le moindre réconfort.

En répétant les mêmes erreurs, on finit par apprendre et ainsi, on avance lentement. En apprenant sur soi-même, on évite la répétition et ainsi, on avance rapidement.

Ces deux cas résument assez bien le principe de la « responsabilité personnelle et évolutive ». Ginette a saisi l’opportunité et elle a par le fait même opté pour « l’évolution rapide ». Par l’écoute de son monde intérieur, par la connaissance d’elle-même, elle se fraye un chemin parmi les pièges de la vie. Josée a refusé l’opportunité et elle a, par le fait même, opté pour « l’évolution lente ». Elle apprend par l’usure, par l’échec, par le principe de répétition et l’opportunité karmique risque d’être reportée dans une prochaine incarnation. Elle possède tout de même la possibilité d’y faire face en cette vie, à condition qu’elle ne retarde pas trop ou qu’elle cristallise sa pulsion jusqu’au point où elle se taira définitivement.

Pascal St-Denis