L’absence de passion. L’évolution du désir (article 6)

A.A. Bailey trace un portrait évolutif de l’homme et de sa vie de désirs qui se révèle fort intéressante. Il démontre, hors de tout doute, qu’il ne s’agit pas de choisir l’un ou l’autre des opposés, mais bien de prendre la voie qui conduit à la libération. En voici un résumé :

·               Dans les stades du début, l’aspect fragmentaire de l’âme qui habite la forme humaine et qui lui donne toute la conscience qui peut se trouver présente est inerte, rudimentaire et non organisé. À ce stade, l’homme est dépourvu de son mental. Il se distingue seulement par une identification complète à la forme physique et à ses activités. C’est la période de réaction lente à la souffrance, à la joie, à la peine, à la satisfaction des désirs et au besoin inconscient d’amélioration.

·               Les vies s’écoulent les unes après les autres, et lentement la capacité d’identification consciente augmente, accompagnée d’un désir croissant d’une plus vaste étendue de satisfactions. À ce moment, l’âme qui réside dans le corps et qui l’anime devient encore plus profondément cachée, prisonnière de la nature de la forme. Les forces tout entières de la vie sont concentrées dans le corps physique, et les désirs qui s’expriment sont de cet ordre. En même temps apparaît une tendance croissante vers des désirs plus subtils, tels que ceux évoqués par le corps astral. Graduellement, l’identification de l’âme à la forme passe du physique à l’astral. Rien n’existe à ce moment-là qui s’apparente à une personnalité.

·               Lorsque ce passage, au cours du temps, s’est accompli avec succès, alors la conscience n’est plus entièrement identifiée au véhicule physique, elle devient centrée dans le corps émotionnel. Graduellement, cependant, nous rencontrons une réalisation intérieure fermement croissante du désir et un moindre accent mis sur les satisfactions physiques. La conscience commence lentement à répondre à l’impact du mental et au pouvoir de discriminer et de choisir entre les divers désirs. La capacité d’employer le temps d’une façon quelque peu intelligente commence à se faire sentir. Le désir naissant de beauté apparaît ainsi qu’un vague sens des valeurs esthétiques. La conscience devient un mélange d’intellect et de désir. Ses attitudes journalières, sa façon de vivre et son caractère commencent à se développer et à s’améliorer. Toujours sous le joug de désirs non raisonnés, le champ de ses satisfactions est plus nettement émotionnel. Il en arrive à se reconnaître des humeurs et des sentiments et un vague désir de paix, ainsi que le besoin de trouver cette chose nébuleuse appelée « le bonheur » commence à jouer leur rôle. Cette période correspond à l’adolescence. C’est la condition des masses au temps présent. La plupart des êtres humains sont encore purement émotionnels dans leurs réactions et dans leur approche de la vie. D’une manière générale, réalisons qu’il est plus facile d’orienter les gens vers ce qui est véritablement désirable davantage que vers ce qui est raisonnable. Par contre, le mental se développe rapidement et il est de plus en plus perceptible sur une large échelle. Ainsi, il devient possible d’amener la nature du désir sous contrôle en devenant plus nettement l’instrument des impulsions mentales. La conscience du cerveau commence à s’organiser, et le centre des énergies se déplace graduellement, des chakras inférieurs vers les supérieurs. Arrivée à ce stade, l’humanité atteint une certaine maturité et peut penser à devenir l’instrument de l’âme.

Ce qui précède est un énoncé simple et direct d’un long et difficile développement évolutif. Sa simplicité même exige d’omettre les infinis détails du processus. Certains concluent qu’il serait bête de détruire le désir alors que d’autres nous incitent à choisir la voie de l’annihilation. Au stade actuel de notre évolution, les deux positions peuvent nous sembler extrémistes, car donner libre cours à nos désirs donne l’impression de régresser alors que choisir la voie du Bouddha semble irréalisable. En fait, il en est ainsi parce que nous parcourons déjà le chemin de l’épuration des désirs. Nous n’en sommes ni au début ni à la fin, mais quelque part sur cette voie de l’évolution humaine. Dans beaucoup de livres sur l’ésotérisme se trouve l’injonction, souvent mal exprimée ; « Tuez le désir ». Il serait plus sage de le réorienter, car le processus de juste réorientation du désir doit devenir un état d’esprit constant ; c’est la clé de toute transmutation.

À suivre.

Pascal St-Denis

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