En prenant conscience d’un défaut, nous avons la capacité de le transcender en cultivant son opposé. Les imperfections ne sont jamais le fruit du hasard, mais plutôt la manifestation d’une qualité que nous n’avons pas encore assimilée.
Les imperfections ne sont pas des aspects à dissimuler ou à se sentir coupables. Au contraire, elles peuvent être transformées en opportunités de croissance personnelle. Par exemple, l’égoïsme peut être combattu par la générosité, l’intolérance par la tolérance, et la jalousie par l’indifférence. Devrions-nous blâmer quelqu’un pour son égoïsme et le harceler constamment en le traitant d’égoïste ? Cela ne ferait qu’approfondir son ignorance de la solution et l’enfoncer davantage dans son défaut.
Ce qu’il faut faire avec une personne égocentrique, c’est de lui montrer qu’elle peut être plus généreuse, altruiste et aimante. Il ne faut surtout pas lui dire : «Regarde, tu es égocentrique!», car elle en est déjà consciente. Elle est la première à en subir les limites et les conséquences; les autres ne font que les supporter.
Évitons de devenir des personnes qui prennent plaisir à dénigrer les faiblesses des autres. Il est préférable de susciter une prise de conscience, que ce soit chez autrui ou chez soi-même. Il est crucial de s’interroger sur notre réaction face aux évènements : est-ce que nous l’approuvons? Si oui, répétons l’expérience; sinon, il faudra la modifier. Quand nous voulons aider quelqu’un, il peut être bénéfique et efficace de créer des situations qui l’amèneront à faire face à ses lacunes. Si c’est vrai pour tout le monde, ça l’est aussi pour nous. C’est là la façon d’aider les gens. Ce n’est pas en disant à quelqu’un qu’il est avare. Parlons en, mais en le faisant dialoguer sur son propre problème, de manière que la personne arrive à traiter son défaut comme un phénomène extérieur et non comme si elle avait à défendre sa propre identité.
Il faut éliminer les hontes, les complexes, les traumatismes. C’est le début du changement. La honte est une réaction qui n’a pour effet que de conserver ce qu’il faut éliminer. L’individu a peur d’être jugé, d’être rejeté. Il est crucial de vaincre cette crainte et d’oser être soi-même. Après tout, que peuvent bien penser les autres ? Leur avis, leur jugement ne devraient pas compter. Ce qui importe le plus, c’est l’évolution personnelle que nous pouvons réaliser pour notre propre bénéfice et celui de notre communauté humaine.
Ce qui importe, c’est de savoir qui nous sommes, puis de travailler avec ce matériel, comme on travaille une pâte pour la perfectionner. Les défauts ne sont que les côtés ignorés et cachés d’une qualité spirituelle et les défauts n’existent que parce que nous sommes dans l’ignorance.
Pascal St-Denis