Questionnement sur l’approche de l’émotion (article 3)

Suite aux nombreuses recherches sur le sujet, il arriva un moment où le problème fut posé à savoir lequel de l’aspect psychique ou physiologique de l’émotion serait considéré la cause de l’autre. Si cette particularité de l’analyse vous intéresse, vous pouvez toujours en débattre, mais en ce qui me concerne, l’acceptation de plus en plus large et évidente du dualisme de l’âme et du corps retient davantage mon attention. Je dois dire que le comportement global d’une personne et surtout la nature de ses réactions émotives par rapport aux situations qui l’interpellent demeurent, à mon sens, beaucoup plus intéressants et sûrement plus instructifs.

Par contre, les multiples réactions physiologiques existent vraiment : un cœur qui bat la chamade, une respiration changeante, une transpiration abondante, des rougeurs qui trahissent les moments de gêne, une difficulté à se concentrer, une défaillance de la mémoire, une nervosité pouvant passer du « trac » au blocage total, etc., etc.. Par rapport aux objectifs que je désire atteindre à travers ces articles, les réactions physiologiques qui accompagnent l’émotion n’attirent guère mon attention.

Pour moi, les effets de l’émotion sur la structure physiologique d’un individu sont réels et nous ne pouvons y faire grand-chose, sinon les observer,[1] car selon moi, elles ne sont que le prolongement de l’onde émotive qui se fraie un chemin dans le corps physique par le système nerveux.

Le psychologue P.Fraisse mentionnait : « L’émotion peut se définir comme une réaction de toute la personnalité à des situations auxquelles elle n’est pas capable de s’adapter ».

En 2000, D. Westen disait : « L’émotion est une réponse d’évaluation (un sentiment positif ou négatif) qui se caractérise par une combinaison d’activation physiologique, d’expérience subjective et d’expression comportementale ou émotionnelle ».

En 1992, Mandler disait : « l’émotion est un événement conscient créé par la combinaison d’évaluations cognitives (bon, mauvais, plaisant, déplaisant, nocif, désirable, etc.), et de l’activation physiologique. Mise en commun, ces composantes constituent l’expérience de l’émotion ».

Je pourrais allonger cette liste, mais à quoi cela servirait-il? Je n’ai pas l’intention de réinventer ces théories, ni de les débattre et encore moins de les contester. Ce qui m’interpelle et me tient vraiment à cœur concerne le besoin de l’être évolutif[2] qui, par son intense travail d’intériorisation, cherche à épurer son vécu sans pour autant sacrifier le pouvoir acquis de sa force sensible[3]. Je crois que cette facette de l’étude sur les émotions est négligée et mérite d’être plus largement développée.

Pour cette raison, je vous invite, dans la mesure du possible, à considérer ces articles sous l’angle de la véritable sensibilité, car c’est sur cette dernière que reposent les difficultés et les possibilités de l’aspirant. La sensibilité est le facteur central qui, jouant sur la conscience, rend le cheminement personnel tellement difficile.

Parce que le monde des émotions est aussi une affaire d’évolution, je crois qu’une analyse intéressée et approfondie du sujet concerne tous ceux qui désirent avancer un peu plus loin sur le sentier[4] et non seulement les différentes branches de spécialistes. Si la vie émotionnelle suscite autant d’intérêt, c’est qu’elle se trouve au cœur de nos perceptions, de nos décisions, de nos choix et de nos actions. Au stade actuel de notre développement évolutif, elle est l’aspect dominant de notre humanité. Elle manipule et déforme grandement la réalité de telle sorte que les dualités, les doutes et les nombreuses confusions perturbent la certitude intérieure qui devrait normalement guider nos pas. Une certitude qui naît de la reconnaissance d’un lien spirituel dont la nature inclusive possède la clef du juste choix. Pour toutes ces raisons, le monde des émotions mérite que nous prenions le temps de le comprendre.

Pascal St-Denis

[1] Les réactions de la gaine physique peuvent en apprendre beaucoup à des scientifiques chevronnés, mais sont de peu d’utilité pour celui qui a choisi la voie de la psyché.

[2] Être évolutif: j’utilise ce terme pour désigner toute personne qui entreprend un travail de conscientisation dans le but de « purifier » son existence, de s’ouvrir à la connaissance de l’Être et d’évoluer vers ce qu’il a de plus juste en lui.

[3] Chez l’homme, la sensibilité prend deux tangentes. La force sensible de la personnalité atteint son paroxysme dans l’émotion alors que celle de l’âme est un processus d’inclusion qui ouvre la voie à une conscience spirituelle élargie.

[4] Le sentier de l’évolution humaine.

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