Le champ de conscience du « Sacré » et son émotion. (article 3 de 6)

L’amour du soi pour le non-soi, tel est la nature psychique de ce chakra.. [1]

Si le rôle du champ coccygien est d’affirmer l’existence, celui du champ du sacré est de la confirmer. L’expérience émotive liée à ce champ vient toujours des conditions de vie sur lesquelles nous tentons d’imposer notre loi. Nous sommes continuellement en interaction avec le monde extérieur et la facilité que nous avons ou non de le faire explique nos différents comportements. Affirmer l’existence passe par les expériences que notre conscience est en mesure de percevoir. Nous ressentons tous la nécessité de créer un milieu de vie qui soit à la hauteur de ce que nous voulons vivre. Pour assurer l’intégrité de notre milieu de vie, il est normal que nous cherchions à dominer ou du moins à avoir un certain contrôle sur notre monde extérieur. Par contre, il faut considérer que cette recherche de contrôle entraîne avec elle un processus de satisfactions qui se nourrit de la mise en place de la « loi du plus fort ». Par exemple, vous connaissez l’importance pour l’être humain de protéger ce qu’il possède ou ce qu’il croit lui revenir de droit. S’il le faut, il est prêt à utiliser la force pour protéger ses biens (possession). D’autres seront prêts à se battre pour conserver leur place dans une file d’attente (droit). Lorsque la conscience fait face à un élargissement de « type sacré », c’est-à-dire des conditions d’existence, il y a confrontation et sélection. Selon la nature de nos désirs, nous attirons ou nous repoussons ce que nous sommes appelés à affronter, et ce, à partir du degré de satisfaction ou de frustration ressentie. C’est ainsi que nous définissons et confirmons la place que nous occupons dans notre milieu.

À cause de son rapport avec les organes de reproduction, bien des gens croient que le seul rôle de ce champ de conscience est de gérer la nature sexuelle de l’être humain. À un moment très reculé, il en était essentiellement ainsi. Depuis ce temps, l’instinct de reproduction purement animale a évolué pour devenir la sexualité [2] que l’on connaît aujourd’hui. Une sexualité qui tire son énergie non pas de l’instinct de reproduction, mais de la force de désir qui habite chaque être humain. Ainsi la sexualité s’alimente davantage des énergies du corps astral que des énergies instinctives de reproduction provenant de la séparation des organes génitaux mâles et femelles. Ce désir exalté pour le sexe opposé s’est élargi au point d’inclure l’ensemble du milieu de vie dans lequel nous vivons. Ainsi en élargissant son monde de désir aux biens matériels et aux plaisirs de la vie, l’homme s’est mis à courtiser de nouvelles sources de plaisirs et de satisfactions.

Le désir est l’impulsion fondamentale sur laquelle est construit notre monde relationnel. L’approche du monde extérieur que nous allons privilégier dépend de la qualité des désirs que nous véhiculons. Freud appelle cette impulsion le « sexe », ce qui est seulement un autre nom donné à l’attraction du « soi » pour le « non-soi ».

Dans l’état actuel des choses, le fait que nous privilégions cet aspect de la vie favorise notre engouement pour l’acquisition d’objets, pour le pouvoir, le confort, et la suprématie que seul l’argent semble pouvoir procurer. Les déterminants possessifs (mon, ma et mes) dont la résonnance est si logique à nos yeux, démontrent que la vie de désirs qui palpite au cœur de la conscience humaine trouve réponse dans la possession du « non-soi » et de la jouissance satisfaisante qu’il apporte. Cette identification pratiquement exclusive pour le côté forme de la vie contrôle et domine, à des niveaux d’intensités différents, le raisonnement de beaucoup d’êtres humains. Il n’est donc pas étonnant de constater que les émotions qui se rattachent à ce champ de conscience soient intimement liées à l’engouement exagéré pour ce même « non-soi ». Le fait de mettre beaucoup d’emphase sur le « non-soi » pour créer notre bien-être, les désirs, les attachements et le sentiment de manque deviennent des éléments qui favorisent l’émotion.

Comme nous n’arrivons pas à obtenir le plein contrôle de ce qui nous est extérieur (le non-soi), la peur [3] a une forte emprise sur la psyché de ce champ. De là naît une insécurité parfois maladive qui draine l’énergie de ce champ. Une insécurité qui n’est pas seulement matérielle, mais aussi affective. Davantage, toujours davantage pour assurer une sécurité qui semble inatteignable. On protège, on assure, on défend avec l’énergie du désespoir ce que nous possédons. Peu importe l’effort qu’on y met, la peur de perdre reste toujours présente, prenant beaucoup de place et affectant notre bien-être. Que penser de l’insécurité affective qui exige d’être continuellement rassurée sur les sentiments que nous porte l’entourage? Nous sommes constamment à l’affût d’indices tangibles qui apportent la preuve des bons sentiments qu’on nous porte. La peur de perdre est encore plus forte à ce niveau, car la possibilité de contrôler ceux qui nous sont chers est impossible. Le besoin de preuves tangibles est l’une des raisons qui font de la fidélité une preuve ultime d’amour. Ces insécurités matérielles et affectives favorisent le développement de l’égoïsme, de l’envie, de la jalousie, de la violence, de la peine, du rejet, d’une générosité émotive exagérée et manipulatrice, etc., etc.. Des insécurités qui sont toutes reliées à la cohabitation, à la filiation (descendance), à la construction ou à la destruction du milieu de vie.

Nous connaissons des périodes d’hyper-émotivité qui exagèrent jusqu’au paroxysme l’impact d’une sollicitation parce qu’elle touche justement à cette insécurité profonde par rapport à l’expansion de notre milieu de vie. Nous vivons des exagérations ou des refus nets, des joies ou des déchirements, des réunions ou des divisions, et ce, dans toutes les sphères d’activité. La confirmation de l’être a besoin d’être faite avec et par le biais des autres individus et du milieu de vie pour donner à la conscience de ce champ de conscience un acquis susceptible de progresser vers le champ de conscience du plexus.

[1] Le « soi » et le « non-soi » : D’un point de vue ultime il s’agit de l’interaction de l’esprit et de la matière. De cette dernière peut naître une multitude d’interactions comme celle qui implique l’âme et la personnalité. Dans le cas qui nous concerne, j’emploie cette expression pour signifier la relation de la personnalité (principalement axée sur le champ du sacré) avec ce qui lui est extérieur.

[2] Sexualité dont le but est le plaisir et la jouissance.

[3] Il faut retenir que les centres s’amalgament pour ne former qu’un état de conscience. Lorsque la peur (coccyx) est entraînée dans un autre champ, elle prend un visage différent en se moulant à l’identité de ce dernier.

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