Le champ de conscience du cœur sous la tutelle de la personnalité

Il est impossible d’aborder le champ du cœur sans parler d’amour. Selon A.A. Bailey, l’amour n’est ni un sentiment ni une émotion, mais plutôt une force suprême qui gouverne le monde, menant à l’intégration, à l’unité et à l’inclusion. Cette façon de concevoir l’amour a été le point de départ de mes recherches en psychologie ésotérique. Nous accordons peu d’importance à cette définition, car, d’un point de vue évolutif, nous ne sommes pas encore rendus là. Le chemin de l’amour est un long processus d’intégration qui demande beaucoup de temps. L’amour n’est pas statique, c’est-à-dire immuable. Ce n’est pas un choix arbitraire entre aimer et ne pas aimer. L’amour devrait plutôt être perçu comme une expérience progressive d’intégration de l’universalité de la vie.

Chez l’être humain, l’amour se construit principalement à partir de sentiments  et d’affections. Parce que l’amour prend sa source dans le monde des désirs, les émotions s’invitent aux échanges. Des émotions aussi bien positives que négatives y font alors leur apparition : joie, gratitude, sécurité, complicité, admiration, sérénité côtoient la jalousie, le rejet, l’amertume, la colère, la tristesse, la déception, la rancune… C’est pourquoi les relations amoureuses sont souvent difficiles. Pour beaucoup de personnes, aimer fait peur, parce qu’elles y voient des pièges. Malgré tout c’est le genre d’expériences que nous connaissons et que nous privilégions. 

Il faut se souvenir que « selon ce qu’un homme pense dans son cœur, tel il est ». C’est la loi d’attraction et de répulsion qui influence notre expérience présente. Même si rien n’est parfait, cette forme d’expérience nous pousse à développer un altruisme naturel. 

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde qui, peu à peu, commence à comprendre que « nul homme ne vit que pour lui-même ». C’est seulement quand l’amour, dont on a tant écrit et parlé, s’exprime par le service que l’homme peut enfin travailler selon ses capacités innées. 

Il est clair que l’expérience de l’amour au service de la personnalité et l’expérience de l’amour comme prolongement de la vie de l’âme, qui se manifeste à travers nous, diffèrent sur tous les points. C’est logique, puisque l’amour, tout comme tout ce qui existe, est soumis aux règles qui régissent le processus évolutif.

En résumé, l’expérience actuelle vise à entraîner les forces de « Je » à servir un « Nous » plus inclusif. Pour y parvenir, il faut que le même « Je » accepte de purger, si l’on peut dire, les exigences égoïstes et les intransigeances qui se sont naturellement développées durant le développement de son soi. C’est l’absence de cette purification qui est la source des nombreux échecs qui caractérisent nos relations interpersonnelles. Ce que nous aimons, nous voulons le posséder pour en tirer le maximum de satisfaction. C’est ainsi que fonctionne l’amour quand la personnalité est aux commandes.

Le mode de fonctionnement de l’âme diffère en ce sens qu’il prend racine, dès le départ, dans le mental supérieur et non dans l’énergie de désir du plan astral. Même si c’est plus difficile à comprendre, c’est ce point de départ qui donne tout son sens à ce mode (inclure, coopérer et partager).

Pascal St-Denis 

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