LA DÉSUNION MONDIALE

Le thème de la division mondiale, alimentée par un nationalisme sans bornes, est plus d’actualité que jamais. Malheureusement, l’humanité continue de se laisser abuser par cette chimère, réagissant spontanément, tout en ayant conscience des résultats funestes. Même si le nationalisme est une force dominante partout dans le monde, les États-Unis l’ont décidé: ils en font une priorité absolue. Cela se traduit par une guerre économique où la notion de séparativité occupe une place disproportionnée. Bien que j’aie réfléchi à l’épanouissement de la conscience humaine et au développement d’un amour qui se rapproche de la nature de l’âme (inclure-coopérer, partager), j’ai remarqué qu’il était facile de réagir en agissant de la même manière qu’eux, en utilisant la même médecine. C’est une réaction naturelle, mais ne devrions-nous pas plutôt mettre l’accent sur les nombreuses tentatives d’alliances avec d’autres pays ? Cela vaut la peine d’y réfléchir!

En raison de l’importance de la situation, je vous présente à nouveau l’énoncé d’A.A. Bailey sur la désunion mondiale, écrit en 1946, mais toujours d’actualité.  

« Qu’est-ce qui semble, à présent, empêcher l’unité mondiale et faire échouer les Nations unies dans l’établissement des mesures nécessaires si impatiemment attendues par l’homme de la rue ?

 La réponse n’est pas difficile à trouver et implique toutes les nations : le nationalisme, le capitalisme, la rivalité, l’avidité aveugle et stupide. C’est son intense nationalisme sentimental, qui fait d’un pays un membre si difficile de la famille des nations ; c’est le matérialisme, la crainte et le manque d’intérêt pour les choses spirituelles, qui rend des pays puissants constamment obstructionnistes.

 C’est une adhésion fanatique à une idéologie communiste ou capitaliste et à un manque de maturité qui dictent une bonne partie de l’activité des grandes puissances. Ils forment des nations qui inspirent le respect, non pas en montrant la voie vers un monde meilleur, mais en faisant montre de leurs puissances armées. D’autres pays s’accrochent à un impérialisme moribond alors qu’ils pourraient bien transférer leurs responsabilités aux soins des Nations unies.

C’est l’avidité des nations, satisfaites d’elles-mêmes, qui ont échappé à la guerre, qui gêne le progrès. C’est la lutte pour posséder le pétrole du monde que se livrent les trois Grandes Puissances, qui bloque la paix du monde ».

 Cet extrait, toujours d’actualité sous plusieurs points, même si ce passage date de 1946, que j’ai quelque peu mis au goût du jour, est l’image parfaite de l’idée que je me fais du monde d’aujourd’hui. Nous devons considérer le fait que nos collectifs possèdent les qualités et défauts des individus qui les composent. De ce fait elles évoluent et évolueront au rythme de ces derniers. Plus leurs intérêts tiendront compte du plus grand nombre, et non seulement des gens qu’ils représentent, plus nos collectifs joueront leur véritable rôle de veiller sur l’humanité entière.

Pascal St-Denis

L’être en devenir

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