Un rapport de l’INSPQ indique qu’en octobre 2022, le Québec comptait environ 10 000 itinérants, soit une augmentation de 44 % par rapport à 2018. Je m’interroge sur les raisons pour lesquelles les problèmes liés à l’itinérance semblent si difficiles à résoudre. L’itinérance est un problème croissant parce que selon moi, il manque de solutions à long terme.
Il y a de nombreuses causes qui conduisent les gens à la rue. Il y a :
- Les personnes ayant subi de grandes défaites : Ce groupe peut inclure des personnes qui ont perdu leur emploi, leur maison, ou qui ont vécu des situations de crise financière ou personnelle. Les événements comme un divorce, une faillite, ou des dettes accumulées peuvent également mener à l’itinérance.
- Les personnes avec des problèmes de santé mentale : Nombreux sont ceux qui souffrent de troubles psychologiques ou psychiatriques, tels que la dépression, la schizophrénie, ou des troubles bipolaires, et qui n’ont pas accès aux soins nécessaires. Ces conditions peuvent rendre difficile la gestion du quotidien.
Il existe aussi d’autres sous-groupes, comme ceux qui font face à des dépendances (alcool, drogues), les jeunes en rupture familiale, les immigrants ou réfugiés sans ressource, et les personnes âgées sans soutien familial. L’itinérance est donc un phénomène complexe avec diverses causes et conséquences, et chaque individu a une histoire unique.
L’itinérance est préoccupante et beaucoup d’efforts sont faits pour aider les itinérants. Malgré tous ces efforts il manque d’outils pour réduire le seuil de l’itinérance. Je ne sais pas si j’ai raison, mais il me semble qu’à cause d’un manque de ressources, les intervenants ne peuvent gérer qu’à court terme.
Trouver à ces gens un abri pour la nuit, les nourrir, leur fournir des vêtements et la possibilité de se laver, puis les laisser reprendre la rue sont, selon moi, des solutions à court terme, bien qu’elles soient nécessaires. Démolir leurs abris sans pour autant améliorer leur sort est davantage une solution pour régler un sentiment d’envahissement de la part des citoyens. Ce n’est pas non plus le petit change que l’on donne dans un gobelet qui les aide à se sortir de l’itinérance.
Les dons temporaires et les abris d’urgence, bien que nécessaires, ne suffisent pas à résoudre le problème de l’itinérance à long terme. Un lieu de prise en charge 24 heures sur 24 permettrait de fournir un soutien continu et complet, ce qui est crucial pour aider les personnes à sortir durablement de l’itinérance.
Je ne suis qu’un observateur comme tant d’autres du phénomène de l’itinérance, mais j’ose tout de même suggérer une piste de solutions qui à mon avis pourrait apporter de meilleurs résultats si l’on s’en donne les moyens.
Les problèmes liés à l’itinérance semblent insolubles en grande partie parce qu’ils sont complexes et multifactoriels. La pauvreté et les inégalités économiques, la santé mentale et la dépendance, Le manque de logements abordables, le soutien social insuffisant sont quelques-uns des problèmes dont doivent faire face nos intervenants.
Il existe plusieurs pistes pour réduire l’itinérance au Québec. Voici quelques solutions souvent proposées par les experts et les organismes de lutte contre l’itinérance. Il s’agit d’augmenter le nombre de logements abordables, allouer des allocations logement, améliorer l’accompagnement des personnes vulnérables, coordonner les services, sensibilisations et préventions et partenariats et collaborations. Ces solutions nécessitent une approche coordonnée et des efforts soutenus de la part de tous les acteurs impliqués.
Je crois que l’itinérance est avant tout un problème de santé physique, émotionnelle et mentale et sociale. Selon moi, il manque un élément important aux solutions suggérées. Il s’agit d’un centre d’accueil qui comporte toutes les ressources nécessaires pour remettre sur pied les personnes aux prises avec l’itinérance.
Avant de leur trouver des logements, il est essentiel de suivre un ordre logique et pragmatique pour aider les personnes en situation d’itinérance à se réintégrer durablement. Voici une proposition d’approche en plusieurs étapes :
- Évaluation et Stabilisation : Évaluer la situation et les besoins spécifiques de chaque individu. Fournir un abri temporaire et répondre aux besoins urgents comme l’alimentation, les soins de santé de base et la sécurité.
- Soins de Santé : Offrir un accès à des soins de santé, y compris des services de santé mentale et de traitement des dépendances, pour stabiliser les conditions médicales et psychologiques des personnes.
- Soutien Psychosocial : Mettre en place un accompagnement psychosocial pour aider les individus à reconstruire leur estime de soi et leurs compétences sociales, tout en offrant un soutien émotionnel et des conseils.
- Formation et Emploi : Fournir des opportunités de formation et d’éducation, ainsi que des programmes d’insertion professionnelle pour aider les individus à retrouver une stabilité économique et une autonomie financière.
- Logement Stable : Une fois les personnes stabilisées et prêtes à reprendre une vie plus autonome, faciliter l’accès à des logements permanents et abordables avec un suivi et un accompagnement continue pour assurer une réintégration réussie.
- Prévention et Réinsertion : Mettre en place des programmes de prévention pour éviter les rechutes, et favoriser la réinsertion sociale à travers des activités communautaires et un réseau de soutien solide.
Cette approche holistique vise à traiter les causes profondes de l’itinérance tout en assurant un soutien complet à chaque étape. La création d’un centre multifonctionnel dédié à l’accompagnement des personnes en situation d’itinérance pourrait être une solution très efficace.
Pascal St-Denis .com
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