L’amour humain : un processus graduel d’intégration

Par Pascal St-Denis

L’amour vécu par l’être humain résulte d’une évolution graduelle de sa conscience. Chaque nouveau stade intégré devient le centre d’intérêt et d’expérience. Bien que nous soyons au cœur de l’amour sentimental, il est important de comprendre que l’amour passionnel, possessif et instinctif demeure toujours présent et prêt à refaire surface lorsque les événements l’exigent.

Volet 1

L’amour instinctif

Cette racine vitale, centrée sur la survie et la reproduction, peut sembler dominante, mais elle peut aussi être latente et ressurgir en cas de danger. L’être humain peut alors être poussé à des extrémités pour protéger sa propre vie ou celle de ses proches.

L’amour possessif
L’amour possessif se transforme en amour égoïste : les gens et les biens matériels deviennent des outils pour assouvir son propre plaisir. La crainte de perdre, la convoitise et la jalousie dominent cette expérience. En se concentrant exclusivement sur son propre bien-être et sa propre estime de soi, l’être humain devient avide et perpétuellement insatisfait. Plus il acquiert, plus il désire acquérir. Ses désirs deviennent démesurés, tandis que ses moments de bonheur sont éphémères. L’égoïsme associé à cette étape entraine des perturbations et des échecs, car tout dépend des bénéfices tirés de ses relations avec le « non-soi ».

L’amour passionnel
L’intensité émotionnelle, l’exaltation et le drame caractérisent la passion. Cependant, cette émotion reste toujours imprévisible et volatile. La passion est une affection profonde et durable, qui diffère de l’émotion soudaine et intense. Elle se distingue par des fluctuations contradictoires où l’amoureux peut tour à tour idolâtrer et maudire l’être aimé. Elle devient l’objet de toute l’attention dans la sphère psychologique, comparable à une idée fixe dans le domaine intellectuel. C’est un puissant moteur d’activité qui s’impose souvent à l’individu sans qu’il s’en rende compte, comme une obsession, et qui peut éclipser les autres inclinations.

L’amour sentimental
L’amour sentimental se fonde sur le désir de partager des émotions positives, en accordant une importance particulière aux sens, à l’affection, à la tendresse et à la sexualité. À ce stade, les attentes sont très élevées : chacun espère trouver du bonheur dans la réciprocité et la sensibilité de l’autre.

Cet amour dépend de plusieurs facteurs : la réponse de l’autre, la qualité de l’échange, la régularité des gestes et l’attention reçue. Pour prospérer, il a besoin de plusieurs éléments : compréhension, loyauté, disponibilité et harmonie des désirs. Malheureusement, plus les exigences sont nombreuses, plus elles deviennent fragiles.

En dépit de son désir de partager le bonheur, l’amour romantique reste éminemment précaire. L’être humain demeure sous l’emprise des énergies des niveaux les plus profonds (instinct, possession, passion), ce qui rend l’harmonie difficile à atteindre. En d’autres termes, l’amour romantique est une étape de partage et de quête de bonheur collectif, mais il est assorti de tant de conditions qu’il se révèle souvent fragile et décevant.

La trilogie de la personnalité

Ces quatre états peuvent être résumés en trois étapes clés de la personnalité : le désir, la possession et la consommation.
En général, ce que l’on désire, on cherche à en prendre possession pour pouvoir en tirer du plaisir, du bonheur ou des satisfactions. Ce processus illustre le mouvement profond de la personnalité : il part de l’élan instinctif du désir, se prolonge par une appropriation possessive, et s’achève dans la consommation affective ou émotionnelle.

Il faut toutefois souligner que cet amour demeure conditionnel aux événements extérieurs. Il dépend des circonstances, des réactions de l’autre personne, des évènements. En raison de son lien avec l’expérience des paires d’opposés, il oscille entre amour et haine, joie et souffrance, attachement et rejet. À ce stade, l’amour n’est jamais totalement libre; il est toujours soumis aux fluctuations du monde extérieur.


Volet 2 –

L’amour spirituel : une force universelle

« L’amour n’est ni un sentiment ni une émotion. Ce n’est pas non plus un désir d’agir avec rectitude dans la vie journalière. L’amour est une force supérieure qui guide les mondes les conduisant à l’intégration, à l’unité et à l’inclusivité » A.A., Bailey. À ce stade, c’est l’âme qui commence à diriger l’expérience évolutive de l’être.

Lorsque l’amour devient une expression de l’âme, il transcende les limites de la personnalité. Nous ouvrons la porte à un amour intelligent qui progresse pour devenir amour sagesse pour finalement découvrir la véritable identité de l’amour universel.

Ces successions commandent que nous fassions l’expérience de l’amour dans une nouvelle trilogie : inclure – coopérer – partager. C’est actuellement le niveau d’expérience le plus élevé que l’humanité ait la responsabilité d’atteindre.

Favoriser la coopération plutôt que la confrontation, la complémentarité plutôt que la dissociation, et la mise en commun de nos savoirs et expertises, ce n’est rien de moins que constructif. L’instauration de ces simples principes a le pouvoir d’amener l’humanité dans une ère nouvelle, caractérisée par l’harmonie et la paix.    Nous devons nous souvenir que le développement d’un monde meilleur est impossible sans la présence des qualités d’inclusion, de coopération et de partage.

L’amour humain est un phénomène naturel et spontané qui trouve ses racines dans notre biologie et notre personnalité. Nous le vivons sans effort particulier, car il découle de nos instincts et de nos conditionnements passés.

L’amour spirituel est un choix délibéré. Il n’est pas imposé, mais nécessite une direction, un choix conscient. Il ne se produit pas spontanément, mais nécessite une orientation et une décision consciente. Il s’agit d’un passage de la consommation émotionnelle à l’empathie, à la collaboration et à une perspective altruiste, tant pour les individus que pour la planète.


Volet 3 – L’humanité à un point de transition

Nous sommes parvenus à une étape cruciale dans notre évolution. L’amour humain, tel qu’il s’est développé dans la personnalité (désirer–posséder–consommer), a atteint ses limites. Il a contribué à façonner le monde actuel, mais il ne peut plus assurer la création d’un monde meilleur.

Les crises écologiques, les inégalités sociales, les divisions entre les peuples et la solitude intérieure demandent une transformation profonde. Ces problèmes ne peuvent pas être résolus par les schémas amoureux traditionnels basés sur des conditions. Il incombe à chacun de nous de franchir cette étape évolutive. L’amour spirituel doit devenir le centre de notre expérience. Inclure, collaborer et partager sont des enjeux planétaires nécessitant un grand ménage dans nos modes de pensée. Nous devons toujours nous souvenir que l’énergie suit la pensée et que tel un homme pense tel il est.

Alors, que ce message soit entendu : L’amour, dans son évolution, est la clé du devenir de l’homme. Sans lui, l’humanité s’effondre. Avec lui, elle franchit un cap et entre dans une ère nouvelle.

Une réflexion sur “L’amour humain : un processus graduel d’intégration

  1. Avatar de Inconnu Daniel

    J’aime bien la manière de voir la suite évolutive de l’expérience humaine dépend de la conscience et des choix de chacun.

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