La liberté c’est élargir le cercle vers l’universel

Par Pascal St-Denis

Elle ne consiste pas seulement à satisfaire nos désirs, mais à étendre notre champ d’action et d’influence. Se libérer, c’est se débarrasser des contraintes qui nous restreignent, que ce soit sur le plan mental, social ou systémique. Chaque obstacle franchi entraine de nouvelles responsabilités. Gagner en autonomie, c’est acquérir la capacité d’agir avec discernement et de contribuer à l’évolution d’un environnement de plus en plus vaste, conscient et interdépendant.

Liberté de… Liberté pour… Responsabilité comme miroir

La liberté n’est pas seulement un espace d’action. Elle est aussi un appel à la relation.

La liberté d’agir, de penser, de créer et de choisir, c’est l’impulsion intérieure, la capacité de se mouvoir sans contraintes. La liberté pour servir, relier, reconnaître et transformer, c’est l’intention qui guide cette autonomie vers les autres, le monde et l’universel.

Chaque autonomie gagnée crée un nouvel espace d’engagement. Être libre, c’est être capable de répondre – de soi, à autrui, à l’ensemble du vivant.

La responsabilité n’est pas une charge. C’est un reflet dynamique de notre liberté : elle met en évidence les choix que nous faisons avec notre pouvoir, notre conscience et notre présence.

Être responsable, c’est reconnaître que nos gestes façonnent le réel. C’est imprimer notre liberté dans un schéma plus vaste — celui du monde vivant, de la justice et du bien commun.

Liberté civile selon Rousseau

J’apprécie la manière dont Rousseau aborde cette question. Il distingue d’abord la liberté naturelle — instinctive et sans limites — de la liberté civile, qui est encadrée par la loi et fondée sur la raison.

La liberté civile : une liberté ordonnée, légiférée par des lois qui font que la liberté naturelle qui n’est que violence est remplacée par une liberté dans laquelle la paix est possible entre tous parce que limitée par les lois. Ce sont la justice, la loi, la légalité qui définissent ce que l’on peut faire et ce qu’il est interdit d’accomplir dans la société civile. L’être humain n’est alors plus dans l’instinct, mais dans la raison : l’intérêt général prime sur l’intérêt particulier.

Le passage de l’un à l’autre provoque une perte. Les êtres humains ne peuvent plus faire tout ce qu’ils désirent. Ils obtiennent un gain, car ils ont développé leurs facultés intellectuelles et principalement la raison sur le plan moral et sur le plan légal. Ce passage entre la liberté naturelle et la liberté civile se fait par un contrat, c’est-à-dire l’acceptation par tous les êtres humains de se défaire d’une part de leur liberté naturelle livré à l’instinct et à la violence au profit de la liberté civile limitée, mais pacifiée.

Une conscience universelle

La véritable liberté ne consiste pas à satisfaire les caprices de notre personnalité, mais plutôt à adopter une approche globale. Une liberté qui va au-delà des désirs instantanés pour embrasser une perspective plus large de la vie. C’est une clarté qui reconnaît l’autre, même distant, comme étant porteur de la même dignité et du même besoin. Elle nous incite à voir l’humanité dans son ensemble.

La liberté, souvent perçue comme un simple privilège, est en réalité bien plus vaste. Elle consiste à s’ouvrir à de nouvelles responsabilités et à étendre sa portée au-delà de soi-même. Elle ne concerne pas seulement l’individu, mais s’applique à l’ensemble de notre planète. La liberté, c’est saisir l’importance de notre interdépendance.

J’aspire profondément à atteindre cette forme de liberté, celle qui rassemble, qui émerveille et qui éclaire. Pour y arriver, je dois d’abord prendre conscience des attaches qui m’entravent. Toute expansion débute par une clarté intérieure. C’est à partir de cette clarté que le chemin vers la liberté peut commencer à se dessiner, tout comme une rivière qui s’élargit pour devenir un océan.

Je ne prétends pas détenir de réponses définitives. Mais je crois que poser les bonnes questions, avec sincérité et ouverture, est déjà une manière d’agir. Et si ces réflexions peuvent nourrir ne serait-ce qu’un dialogue, une prise de conscience, ou un regard différent, alors elles auront rempli leur rôle.

Merci de m’accompagner dans cette démarche. Elle est citoyenne, elle est humaine, elle est universelle.

Voir le site: L’être en devenir  ou pascalstdenis.com

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