Notre vision de l’émotion (article 2)

Le monde de l’émotion est un sujet qui ne laisse personne indifférent. Parce qu’elle nous colle tellement à la peau, imaginer vivre dans un monde sans émotion serait de la pure fiction. Nos journées sont parsemées de situations qui font appel à une réponse émotive. Tempérée ou intense, positive ou négative, l’émotion reflète fidèlement notre manière de réagir aux événements. Même les personnes les plus flegmatiques ne réussissent pas à y échapper. Parce qu’elle détermine nos humeurs, nous cherchons constamment à en contrôler les effets, surtout les plus néfastes. Malgré nos bonnes intentions et les nombreux efforts pour y arriver, il faut admettre que la pauvreté des résultats a de quoi nous laisser perplexes. Où se situe le problème? En fait, considérons-nous l’émotion comme un véritable problème? Devant la difficulté à comprendre les mécanismes émotionnels, il arrive que nous vivions nos émotions sans s’interroger sur leur bien-fondé, espérant simplement de ne pas être entraînées dans un gouffre sans fond. Est-ce l’approche qui fait défaut? Est-ce que nous regardons le problème avec le mauvais côté de la lorgnette?

Si l’émotion est tellement présente dans nos vies, il est fort probable que ce soit dû au fait que nous en transportions les germes. Des germes qui prennent vie au fil des événements et qui colorent autant nos amours, nos ambitions, nos projets, nos responsabilités, nos loisirs que l’ensemble des situations contrariantes qui meublent notre vécu. Le sujet fait état d’un large éventail d’études qui aboutissent à diverses théories. Certaines mettent l’accent sur une approche physiologique et insistent pour donner au cerveau un rôle de premier plan alors que d’autres préfèrent évaluer le comportement global de l’être. Les paramètres qui servent à définir l’émotion sont multiples et nous pouvons dire qu’ils sont adéquats à condition de tenir compte de l’angle d’observation et de compréhension que nous recherchons. Le champ d’investigation étant très vaste, il est normal pour le « chercheur » de privilégier un point de vue particulier au détriment de l’ensemble. Que nous l’envisagions sous l’angle physiologique, du stimulus, de l’expérience subjective, d’une quelconque facette du comportement global, ou tout simplement d’un mélange de toutes ces approches, il faut s’attendre à voir apparaître des théories qui diffèrent sans nécessairement se contredire.

Comme toujours, lorsqu’il faut définir ce qui n’a pas de formes observables tangibles, nous faisons face à une difficulté de taille et le concept de l’émotion est loin de faire exception à la règle. Le langage courant pour définir ce monde sans formes est soumis à une large interprétation qui souvent, laisse perplexe le commun des mortels. Cependant, certains auteurs font remarquer qu’il peut être avantageux de ne pas s’en tenir à une définition trop stricte de « l’émotion », compte tenu du stade de développement dans ce domaine. En effet, une définition trop précise aurait pour conséquence d’élever des frontières entre les différentes approches et ce, sans compter le risque d’exclure des points de vue qui peuvent se révéler essentiels à la compréhension de l’ensemble du processus émotif.

Pascal St-Denis

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