La différence entre bonheur et joie.

  Pour la plupart des gens, bonheur et joie sont pratiquement synonymes. Ils perçoivent le bonheur comme un état moral de bien-être, de satisfaction, de félicité alors qu’ils associent davantage la joie à un sentiment de bonheur intense limité dans sa durée. Le temps et l’intensité semblent être ce qui les distingue l’un de l’autre ; on dit une vie heureuse, un événement joyeux. Par contre, vue sous l’angle de la pensée évolutive, leur définition devient plus profonde et plus précise.

 Pour une grande majorité, la quête de bonheur demeure le but à atteindre. Elle accapare tellement leur esprit que la quête spirituelle reste une démarche superficielle fondée sur l’espérance qu’après la mort l’homme soit reconnu et sauvé par la divinité qu’il a privilégiée. Face à cette confusion, il est utile d’établir ce qui les distingue l’un de l’autre.

 Le bonheur se nourrit des conditions environnantes et de ce fait, son existence ou son absence en dépend. Pour cette raison, nous n’avons pas de véritable contrôle sur lui. Nous pourrions le comparer à la température ; le beau temps est présent et occupe toute la place (bonheur) puis viennent les nuages et les perturbations (malheur). De belles et bonnes choses nous apportent du bonheur, mais d’autres viennent continuellement obscurcir les moments heureux.

 En ce qui concerne la joie, il en est tout autrement. La joie se nourrit des conditions intérieures de l’être humain. Elle est le résultat d’une expérience évolutive et de ce fait, la qualité de l’environnement n’a aucun effet sur son développement. J’y reviendrai plus tard.

 Le bonheur est une réaction émotive ressentie par la personnalité lorsque l’un ou l’autre des aspects de sa nature inférieure éprouve de la satisfaction et du bien-être. Par exemple, le bonheur peut être un sentiment de bien-être physique, un sentiment de bien maîtriser son milieu ou encore la satisfaction qu’apportent des contacts ou des occasions favorables. Il va et vient au gré des situations et des événements qui nous interpellent et auxquels nous accordons de l’importance. Il est instable, car il nous est impossible d’établir un contrôle sur les situations qui en sont la source.

 La recherche du bonheur à tout prix cache souvent une attitude sournoise et manipulatrice. Par exemple, qui peut se vanter de n’avoir jamais influencé ou même demander à son entourage d’adopter une conduite susceptible de nous rendre heureux. Il est facile de formuler subtilement nos attentes en espérant que les gens qui nous entourent s’y conforment. « Ça me rendrait tellement heureux si tu faisais telle ou telle chose ». Qui n’a jamais entendu ou dit cette phrase ?

 De plus, il faut également souligner que les événements susceptibles de rendre une personne heureuse sont souvent de natures contradictoires. Par exemple, la faillite d’un compétiteur redoutable peut produire du bonheur au même titre que le succès obtenu par celle qu’elle estime. La solitude peut être une source de bonheur lorsqu’un besoin de ressourcement se fait sentir et devenir une source de tristesse ou de contrariété lorsqu’elle crée un vide relationnel. Ces exemples démontrent que le bonheur est lié aux besoins de la personnalité et à l’interprétation que nous faisons des événements.

 La joie véritable est une qualité d’âme qu’il ne faut pas confondre à l’euphorie qui accompagne une quelconque excitation ou un sentiment de bien-être soudain. La joie a son siège dans le mental et elle est le résultat de l’alignement avec l’âme. De ce fait, la joie est un acquis évolutif sur lequel les situations extérieures n’ont pas d’effets. Nous remarquons, par exemple, que les grandes âmes, qui servent leur prochain dans des conditions souvent horribles, dégagent autour d’elles cette qualité d’énergie. En fait, c’est le rayonnement de l’âme qui se manifeste et que nous définissons comme étant de l’amour et de la compassion.

 En regardant de plus près, on s’aperçoit que la joie est liée de près à nos accomplissements. S’accomplir crée de la joie, car ça donne vie au potentiel qui est en nous ; un potentiel dont l’âme est la gardienne. Ce qui importe n’est pas la grandeur de nos accomplissements, mais plutôt le mouvement d’âme qu’ils créent en nous. Par exemple, lorsqu’on demande aux ainés ce qu’ils retiennent de leur existence ou ce dont ils sont le plus fiers, leurs réponses sont unanimes ; c’est ce qu’ils ont accompli malgré les difficultés qu’ils ont traversé. C’est ce qui a exigé d’eux du dépassement et de la persévérance. Dernièrement, un monsieur m’a dit : « Malgré mon manque d’instructions, j’ai réussi à envoyer mes 3 fils à l’université. C’est ce qui fait ma fierté et c’est ce que j’ai accompli de plus grand dans ma vie ».    

 N’allez pas imaginer qu’il faille se priver de bonheur pour faire circuler la joie intérieure ; le bonheur accompagne souvent la joie. Il faut simplement apprécier le bonheur lorsqu’il passe et éviter si possible de manipuler les autres pour l’obtenir. En fait, plus la joie est présente, plus le bonheur risque de l’accompagner.  

 Pascal St-Denis

 

 

 

 

 

 

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